De l’ombre à la lumière :
mon chemin

1. Un monde intérieur en construction

Je ne vais pas vous raconter tout mon parcours ici. J’en parle déjà dans la section figurines. Mais peut-être que, pour comprendre ce que je fais aujourd’hui, il faut revenir bien avant. Je suis né en 1970, dans une fratrie de trois enfants. Nous avons grandi sans père, abandonnés très tôt. Notre mère, toujours débordée, faisait tout pour qu’on ne manque de rien. Elle travaillait dur, et notre grand-mère nous emmenait chaque année en camping en Bretagne — c’était mémorable. J’ai toujours su que la simplicité, c’est ce qu’il y a de plus vrai.

Portrait

2. J’étais pas nul, juste ailleurs

J’étais un enfant calme, réservé, avec une enfance à la fois très compliquée et intérieure. J’avais un don pour le dessin, mais je détestais crayonner sur papier… sauf peut-être parfois pour impressionner les copains. Je trouvais ça ennuyeux. Ce qui m’attirait, c’était le monde autour du trait — comme dans les jeux de rôle ou la BD.

À l’école, j’étais plutôt un cancre. Rien ne m’intéressait vraiment, et je peinais à trouver ma place. Le reste a suivi : des études professionnelles en Ebenisterie/sculpture, en internat à L’Aigle, où je me suis découvert un vrai talent pour le travail manuel. Les profs disaient que je faisais honneur à l’ébénisterie. Mais je n’ai pas suivi cette voie. Malgré un budget très serré, notre mère a réussi à nous offrir un ordinateur Amstrad CPC. Et là, quelque chose s’est déclenché. Je n’étais plus spectateur. Je pouvais créer, composer, imaginer. C’était le déclic. Depuis, l’informatique reste pour moi un atelier. J’ai préféré plonger dans l’imprimerie, la publicité, le graphisme. Là, j’ai découvert les logiciels Adobe, et ce fut une révélation. Je les ai explorés à fond, comme un artisan explore ses outils.

Atelier

3. Une sensibilité assumée

Tres jeune, j’ai vécu une autre révélation : je partais régulièrement à Londres, une ville que je trouvais fascinante, pour ses marchés et ses soirées gothiques. Le gothique, pour sa musique et cette esthétique sombre, poétique, parfois mélancolique, mais toujours sincère. Une influence probable de mon enfance tourmentée. J’ai aussi beaucoup fréquenté les nuits parisiennes. Le gothique des années 80 m’a profondément marqué : un noir qui n’est pas morose, mais beau, intense, souvent mal compris. J’y ai trouvé une forme d’élégance, de pudeur, et une émotion que je retrouve encore aujourd’hui dans certaines œuvres.

4. Entre partage et reconnaissance

J’ai participé à de nombreux festivals BD, à travers des dédicaces, des démonstrations, de petits ateliers de modelage, mais aussi des interventions en classe de 6e ou des séances de dédicace pour des jeunes en détention. Ces moments sont précieux. Ils donnent du sens à mon travail. J’ai aussi eu la chance de rencontrer et de travailler aux côtés de grands noms de la bande dessinée. Ces échanges entre dessinateurs et sculpteur ont toujours été sincères, respectueux et enrichissants. Au fil du temps, mon travail a été reconnu, au point d’être invité comme auteur d’honneur dans un festival BD en Belgique — une expérience marquante, comme une forme de reconnaissance de tout ce parcours. Ma passion, mon engagement, ma patience, et le soin que j’apporte à chaque détail m’ont permis de trouver ma place dans cet univers. Peut-être justement parce que je ne l’ai jamais vraiment cherchée. Les choses se sont faites naturellement.

Cours en 6e

5. Aujourd’hui

Aujourd’hui, en Normandie, je continue à créer. J’ai publié mes propres bandes dessinées, comme Le voyage de Nephi ou Les damnés du royaume des ombres. Actuellement, je concrétise tout cet univers dans un album de 140 pages, avec un style personnel en noir et blanc, à mi-chemin entre le chibi et le gothique — plus proche de mon monde intérieur. Pour la partie dessin, j'utilise principalement Clip Studio Paint et Affinity Photo V2

Je continue à sculpter et à produire des figurines, en très petites séries, entièrement réalisées à la main. Et si, au passage, ce que je fais vous parle — que ce soit pour un événement, un projet, ou simplement si vous me croisez en dédicace — n’hésitez pas à venir échanger. J’en serai toujours heureux.

Cours en 6e

Petit clin d’œil dessiné de la main de Stédo… Une scène de mon atelier, version BD, pleine d’humour et de détails et un cadeau que je garde précieusement.