2013 - Une année, deux scènes
En 2013, j'ai participé à quatre festivals BD, dont deux ont donné lieu à des réalisations en pièce unique. Ces projets m’ont permis de franchir un cap dans mon travail. Fort de l’expérience des années précédentes, j’ai eu envie d’aller plus loin : ne plus me contenter de personnages isolés, mais créer de véritables petites scènes. Cette fois, ce sont Robin Dubois et Cubitus qui m’ont inspiré. Deux univers très différents, chacun avec son humour, sa personnalité, et ses propres défis de sculpture.
Le premier festival de Tom, et un clin d’œil à Robin Dubois
À Auvers-sur-Oise, le festival avait une saveur particulière : c’était le tout premier pour mon fils Tom, qui avait 9 ans à l’époque. Entre le train, le métro, l’hôtel, le rythme soutenu... c’était parfois fatigant pour lui. Mais j’étais heureux de partager cette expérience avec lui. Pour l’occasion, j’avais préparé une surprise : une petite scène inspirée de l’univers de Robin Dubois, que j’ai offerte à Turk pendant le festival. J’avais pris énormément de plaisir à la réaliser, en me replongeant dans ce monde médiéval décalé que j’apprécie depuis longtemps. Quelques jours après notre rencontre, j’ai eu la belle surprise de recevoir par la poste une BD que Turk avait dédicacée pour me remercier. Un geste simple, mais qui m’a profondément touché.

Cubitus à Vitry : un festival pétillant
Et puis, il y eut le plaisir intact de retrouver le festival BD de Vitry-le-François : trois jours intenses dans une ambiance joyeuse et débridée. Peut-être était-ce grâce à Michel Rodrigue, président d’honneur cette année-là, ou au champagne étiqueté aux couleurs du festival qui circulait gaiement entre les stands… Toujours est-il que l’atmosphère était particulièrement festive, portée par une quarantaine d’auteurs, beaucoup de sourires et une énergie humaine rare. Pour Michel, qui vit en Écosse, on avait même enfilé le kilt et monté un petit spectacle hilarant lors de l’inauguration – un vrai moment de connivence. C’est à ce moment-là que je lui ai remis ma création : une scène inspirée de la mascotte du festival, à laquelle j’avais ajouté un clin d’œil évident à son univers… Cubitus, bien sûr. Un hommage simple, plein d’humour, pensé tout autant pour l’auteur que pour l’esprit du festival.

Une porte qui se ferme pour moi chez Bamboo
Je ne garde aucune rancune envers Bamboo. Bien au contraire : les années passées avec eux ont été riches, et Olivier Sulpice m’a toujours soutenu avec bienveillance. J’avais même commencé à me constituer une vraie collection de leurs BD, avec l’envie sincère d’explorer leurs univers un à un. Mais le succès du film Les Profs a conduit la maison à créer un service dédié aux produits dérivés, avec une politique plus stricte sur les droits. J’investissais énormément de temps dans mes figurines — pour un gain d’environ 2 € de l’heure — et je refusais de sacrifier ma liberté créative sur l’autel de la rentabilité ou de la facilité. Lors d’un projet, on m’a clairement fait comprendre que je n’avais plus ma place. En d’autres termes : qu’il valait mieux que j’aille jouer ailleurs. Je préfère ne pas entrer dans les détails : j’ai été sincèrement blessé. Ce jour-là a marqué la fin de mon aventure chez Bamboo. J’ai terminé les projets en cours… et j’ai poursuivi ma route. Toujours passionné.