Lacouture 2009, Week-end
pas comme les autres...
Il y a des festivals qui laissent une trace un peu différente. Lacouture 2009 en fait partie. Ce que je m’apprête à raconter ici, c’est une expérience vécue de l’intérieur, une histoire un peu étrange, inattendue, parfois drôle… parfois moins. C’est mon ressenti, rien de plus. Une autre personne aurait sans doute vécu ce même week-end autrement. Ou peut-être pas. Ce que je sais, c’est que j’avais envie d’en garder une trace. Et de la partager.
Quand Malik se dessine lui-même…
Cette fois, j’avais envie de faire les choses autrement. Créer une vraie complicité avec l’invité d’honneur du festival avant même d’y être. L’auteur, c’était Malik, et comme j’aimais beaucoup son travail, je l’ai contacté en amont pour lui proposer une idée originale de figurine à lui remettre pendant l’inauguration. Très vite, il m’a répondu qu’il aimait bien se dessiner lui-même, et qu’il serait partant… à condition que j’aie une idée précise. L’idée a surgi presque immédiatement : une petite statuette sur pied, façon trophée, représentant Malik en train de dessiner. Il a adoré, et il m’a même envoyé un croquis préparatoire pour que je puisse démarrer.
Comme il s’agissait d’une pièce unique, offerte, je suis naturellement parti sur de la Super Sculpey : pas de moulage, moins de frais, et une matière que je connaissais bien à l’époque. En parallèle, ma vie de famille était bien remplie – mon troisième venait de naître – alors pouvoir me retrouver, de temps en temps, seul à mon bureau pour travailler sur cette pièce, c’était plus qu’un projet : c’était une parenthèse. Un moment pour moi. L’objectif était clair : finir la sculpture chez moi, puis faire la mise en couleur directement pendant le festival, en démonstration.
Comme il s’agissait d’une pièce unique, offerte, je suis naturellement parti sur de la Super Sculpey : pas de moulage, moins de frais, et une matière que je connaissais bien à l’époque. En parallèle, ma vie de famille était bien remplie – mon troisième venait de naître – alors pouvoir me retrouver, de temps en temps, seul à mon bureau pour travailler sur cette pièce, c’était plus qu’un projet : c’était une parenthèse. Un moment pour moi. L’objectif était clair : finir la sculpture chez moi, puis faire la mise en couleur directement pendant le festival, en démonstration.
L’arrivée mouvementée
Le samedi matin, je prends le train direction Lacouture. Comme toujours, je voyage avec mes grosses valises pleines de matériel – et sans permis, puisque j’ai fait ce choix de vie il y a longtemps, et je l’assume très bien. Arrivé à la gare, je descends, j’attends… et rien. Personne. Je finis par appeler l’organisatrice, qui s’étonne : “Mais le chauffeur est déjà revenu !” Visiblement, il m’avait oublié. Pas grave. Le salon avait déjà commencé, alors on me conduit directement à la salle. Je m’installe tranquillement pour débuter la mise en couleur de la figurine en démonstration. L’ambiance était détendue, et j’ai rapidement fait la connaissance de deux auteurs avec qui le courant est passé tout de suite : Vinz et Jeff Baud. On s’est très bien entendus, naturellement, comme si on se connaissait déjà. La journée s’est déroulée sans accroc, et le soir venu, j’ai pu remettre la figurine à Malik, accompagné de sa femme. Un vrai bon moment.
L’étrange veillée
Le festival fermait ses portes vers 18h, et le repas n’était prévu qu’à 20h. Avec Vinz et Jeff, on avait un peu quartier libre. Il faisait nuit, on se baladait dans ce petit village très calme… trop calme. À part une petite église éclairée, il n’y avait pas un bruit, pas une âme. Curieux, on s’approche. Quelqu’un nous invite à entrer. On accepte, un peu hésitants.
On se retrouve tous les trois assis sur de vieux bancs en bois, dans cette église à peine éclairée, avec une ambiance franchement bizarre. Un homme arrive, ouvre un livre, et commence à lire… lentement, très sérieusement. On ne comprenait pas tout, mais c’était pesant, presque hypnotique. L’ambiance avait un côté Hurlements, un peu sectaire, franchement flippant. On n’a pas osé se lever avant la fin. Trop peur de croiser les regards fixes des gens autour. Dès que c’était terminé, on s’est regardés et on s’est levés d’un bond. Direction la salle du repas. Et cette fois, pas question de s’arrêter en chemin.
On se retrouve tous les trois assis sur de vieux bancs en bois, dans cette église à peine éclairée, avec une ambiance franchement bizarre. Un homme arrive, ouvre un livre, et commence à lire… lentement, très sérieusement. On ne comprenait pas tout, mais c’était pesant, presque hypnotique. L’ambiance avait un côté Hurlements, un peu sectaire, franchement flippant. On n’a pas osé se lever avant la fin. Trop peur de croiser les regards fixes des gens autour. Dès que c’était terminé, on s’est regardés et on s’est levés d’un bond. Direction la salle du repas. Et cette fois, pas question de s’arrêter en chemin.
L’hébergement improbable
Après le repas – excellent d’ailleurs, préparé par les élèves du lycée hôtelier Marguerite Yourcenar de Beuvry – tout le monde semblait détendu. Mais c’est là que les choses ont un peu basculé. En allant voir l’organisatrice pour récupérer la clé de ma chambre, elle me regarde, surprise : “Ah bon ? Le chauffeur ne vous a pas déposés à l’auberge ?” Visiblement, on avait été oubliés. Une fois sur place, tout était fermé… sauf une seule chambre, avec un grand lit. Ils ont proposé à Vinz et Jeff de partager. Et moi ? Le chauffeur m’annonce que je dormirai chez lui. Mais sa femme – aussi organisatrice du festival – explique qu’il n’y a déjà plus de place chez eux avec l’événement… Impossible. C’est à ce moment qu’un inconnu s’interpose : “Je m’appelle Momo, ma mère n’est pas là ce week-end, tu peux dormir chez moi.” Je décline poliment, propose de rester dans un coin de la salle… mais il insiste. On grimpe dans sa toute petite voiture, et je me retrouve dans la chambre de sa mère, visiblement âgée, draps non changés, avec pour seule consigne : “Laisse la porte ouverte.”
Ma femme m’appelle à ce moment-là, mais je n’ose pas trop lui expliquer. “Je t’en parlerai demain…” Je m’allonge au-dessus des draps, j’éteins la lumière… et depuis le lit de Momo – dans la pièce d’à côté – je sens qu’il me regarde. Le lendemain matin, il avait tout préparé pour le petit-déj. Très gentil, mais un peu collant. Il me dit qu’on est bien “tous les deux”, allume la télé, parle. Je finis par insister pour qu’il me reconduise à la salle. Là, les organisateurs m’accueillent avec le sourire : “Alors, bien dormi ?” Je leur réponds un “oui” poli… puis je demande : “Au fait, Momo, c’est un ami à vous ?” Réponse : “Momo ? Non… on le connaît pas.”